PARESSE

Comment l’extrême droite a violé la révolte

Selon une enquête de l’Ifop publiée jeudi (source : AFP), les jeunes âgés de 18 à 25 ans voteraient autant RN que LREM et ne seraient que 23% à vouloir participer aux prochaines élections européennes. Un phénomène qui témoigne d’une triste réalité : l’extrême droite s’est appropriée la révolte sociale au point de se mettre sur le même plan que les partis de gouvernement.

Qu’on le veuille ou non, qu’on soit gilet jaune ou non, qu’on ait des opinions de gauche ou non, force est de constater que l’Europe vit actuellement des heures inquiétantes. Et cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un « spectre des années 30 » agité avec opportunisme pour faire taire des revendications sociales légitimes. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un ultime procédé d’un gouvernement en difficulté pour s’attirer la pitié d’un peuple excédé. Il ne s’agit pas non plus d’un réflexe de « bobo » destiné à écraser des opinions anticonformistes pour le seul motif qu’elles seraient anticonformistes. Non. Ce qu’il se passe sous nos yeux, et qui porte le nom de Salvini, Orbán ou Le Pen, n’a rien d’une blague. Il s’agit d’une vague de malheur qui arrive sur nos côtes.

Les mouvements de révolte sociale qui se sont exprimés durant les derniers mois, notamment en France à travers les gilets jaunes, sont aujourd’hui confrontés à un écueil : une tentative de viol par plusieurs partis d’extrême droite qui, sous couvert de défense des catégories populaires, ont opéré un véritable hold up politique. En effet, alors que les mouvements de contestation observés un peu partout en Europe (et ailleurs) s’ancraient dans une authentique revendication sociale, la lèpre crypto-fasciste a sournoisement amené sur la table la question migratoire et les thèmes identitaires. Le procédé de manipulation, d’une grande malhonnêteté, a fait croire à un certain nombre d’électeurs que leurs problèmes de pouvoir d’achat pouvaient être liés, de près ou de loin, aux immigrés. La ficelle est grosse mais semble, au vu des différentes enquêtes menées par divers instituts dans le cadre des élections européennes, marcher à la perfection.

La chose devrait paraître évidente pour tout esprit correctement informé, mais elle doit, dans la période présente, être réaffirmée sans détour : l’extrême droite ne sera jamais la solution aux maux qui touchent l’Europe et notamment la France. Quel que soit son visage, quel que soit son nom, l’extrême droite ne sera jamais une option pour ceux qui souhaitent défendre les intérêts du peuple. Elle ne sera jamais un remède pour soigner les nombreuses plaies des populations les plus pauvres. L’extrême droite sera toujours une impasse, précisément parce qu’elle est l’extrême droite, laide et démagogue.

Face à une situation qui appelle une réaction rapide et claire, nous n’avons qu’un seul et unique conseil à donner, notamment aux plus jeunes : allez voter. Et quelle que soit la couleur du bulletin que vous mettrez dans l’urne, réfléchissez au sens profond de votre geste. Car l’Histoire nous regarde.

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